Home Coran Tafsir Contexte Révélation Histoire prophètes
Ibn Khaldoun (1332-1406) : Histoire des Berbères
Ibn Khaldoun (1332-1406) : Histoire des Berbères

La Berbérie ou l'Ile de l'Occident des Arabes (Djazirat el-Maghreb), comprenait essentiellement les Etats actuels du Maroc,de l'Algérie, de la Tunisie et peut-être de la Tripolitaine (partie nord-ouest de la Libye). Cette "Ile de l'Occident constitue un vaste quadrilatère de hautes terres qu'enserrent les eaux de l'Océan Atlantique ou de la Méditerranée et les sables du Sahara. La direction générale des chaînes de montagnes suivent les parallèles, séparant une bande côtière de la partie saharienne, ce qui rendait facile les communications entre l'Est et l'Ouest et ce qui explique pourquoi presque tous les conquérants de la Berbérie l'ont pénétrée à partir d'une de ses extrémités...

Avant l'arrivée des Arabes et aussi loin que l'on remonte dans l'Histoire, le pays a été constamment soumis à l'influence et parfois à la domination des civilisations qui lui étaient extérieures : Phéniciens, Romains, Vandales, Byzantins. Les Phéniciens, qui depuis une époque lointaine naviguaient sans cesse pour faire du commerce, avaient établi des comptoirs le long de la côte africaine. Ils fondèrent Carthage, leur capitale, en 814-813 avant notre ère. Mais, au-delà de ses murs, le pays appartenait à ses habitants qui l'administraient selon leurs coutumes.

Au cours des siècles, Carthage prenant de l'expansion, s'affirmait en Berbérie comme une puissance souveraine. Il n'en existât pas moins, cependant, trois royaumes berbères qui se partageaient le Maghreb. Dès le IIIe siècle avant notre ère, apparaît, au nord du Maroc, une importante fédération de tribus formant le royaume des Maures ou Maurétanie, qui s'étendait à l'Est jusqu'au royaume des Masaesyles ou Numidie de l'Ouest, qui avait pour capitale Cirta (Constantine). Le troisième, celui des Massyles, ou Numidie de l'Est, était enserré entre ce dernier et le territoire punique de Carthage.

En l'an 203 avant J.C., l'aguellid Massinissa, fils de Gaïa, chef du petit royaume des Massyles, profitant des guerres puniques entre Romains et Carthaginois, et s'alliant à l'Empereur romain Scipion l'Africain, occupa le royaume des Masaesyles, gouverné par l'aguellid Syphax, allié de Carthage, en faisant une entrée foudroyante à Cirta. Il devint ensuite le maître de tous les territoires compris entre la Maurétanie et la province punique (de la Moulouya au Maroc à la Tusca près de Tabarka en Tunisie). Jamais, sauf peut-être au temps du triomphe des Sanhadja Zirides, le Maghreb ne fut plus près de réaliser l'ébauche d'une nation berbère. D'ailleurs Massinissa ne proclamait-il pas, d'après Tite Live : "Contre les Etrangers, qu'ils fussent Phéniciens ou Romains, l'Afrique doit appartenir aux Africains." Pour concrétiser sa doctrine, il lui fallait s'emparer des territoires puniques et plus spécialement de Carthage, la capitale de la Berbérie. Ainsi il aurait engagé la Berbérie entière dans la voie de l'unité.Cette unique expérience d'unification fut cependant sans lendemain, car, dès la mort de Massinissa (148), Rome, redoutant la formation d'un puissant Etat berbère pouvant remplacer celui de Carthage qu'elle venait d'anéantir, s'empressa de l'affaiblir en le partageant entre les fils du grand aguellid : Micipsa et ses deux frères. Plus tard, Jughurtha , petit fils de Massinissa, qui régnait sur tout le territoire numide qui recouvrait l'Algérie, s'allia à son beaupère, Bocchus Ier, roi de Maurétanie, pour s'affranchir de l'autorité romaine et rétablir l'unité territoriale de son illustre aïeul; mais, trahi, il fut livré aux Romains en 105 avant J.C. et mourut en captivité. Par la suite d'autres royaumes verront le jour, luttant contre l'autorité de Rome, comme sous Juba Ier, ou simples protectorats romains sous Juba II et sous son fils Ptolémée et ceci jusqu'à l'annexion pure et simple de toute la Berbérie devenue pour quatre siècles (42-430) : l'Africa Romana. Et, bien curieusement alors, cette colonisation romaine connut son apogée sous un Empereur romain d'origine africaine, né en Libye, Septime Sévère (193-211), qui, devenu le maître du monde, fonda la dynastie des Sévères. Les soulèvements berbères éclatèrent sous le règne de Sévère Alexandre et, dès lors, ne cessèrent plus y compris sous l'occupation des Vandales (435-534), puis celle des Byzantins. Et, pendant que les Berbères donnaient libre cours à leurs discordes et à leur haine instinctive du maître, les Arabes s'apprêtaient à attaquer "l'Indomptable" Maghreb.

Dix ans après la mort du Prophète en 632, ses successeurs occupaient une partie du pays berbère, la Cyrénaïque en 642, la Tripolitaine en 643. Les premières incursions contre les possessions byzantines de Tunisie se situent entre 647 et 648. Abd Allah ibn Saad, frère de lait du Calife Othman, pénétra, dès 647, au Maghreb où la domination byzantine était chancelante et vainquit à Sufetula (Sbeitla), l'armée du patrice Grégoire, qui fut tué lors de l'engagement. Mais les troubles, qui suivirent en Arabie l'assassinat du Calife Othman, valurent à l'Afrique dix sept ans de répit. Les opérations reprirent en 665, avec Mouaouia ibn Hadaïj, qui pénétra en Bysacène. Peu de temps après Oqba ibn Nafi organisa une troisième expédition et fonda, en 670, une ville-camp : Kairouan qui allait servir de base de départ pour les expéditions ultérieures. De là Oqba put lancer des raids qui atteignirent la côte atlantique; ce fut la fameuse "course à l'Océan". Mais, en 683, de retour de son expédition vers l'Ouest, Oqba fut surpris dans la région de Biskra, dans les Aurès, et tué par une coalition de Berbères de la tribu des Awraba dirigée par Kosaïla. Cette victoire parut décisive. Les Arabes abandonnèrent toutes leurs conquêtes au delà de Barqua (Libye) et Kosaïla, après être entré dans Kairouan, devenait pour trois ans le chef de l'Ifriqiya et du Maghreb oriental. Mais, dès 686, le nouveau calife omeyyade Abd al-Malik organisait des expéditions qui permirent à Zohaïr ibn Qaïs d'entrer dans Kairouan, où Kosaïla fut tué, puis de réoccuper progressivement et de pacifier le Maghreb...et, malgré une dernière révolte, de près de cinq ans, menée par une femme, la Kahina ("la Prêtresse"), dans les montagnes de l'Aurès, à la tête de la tribu berbère des Jerawa, le pays fut définitivement soumis à la domination arabe vers 705. A cette date les Berbères avaient cessé de s'opposer aux conquérants et avaient même commencé à participer avec eux à l'administration de la nouvelle province musulmane d'Afrique.
Le gouverneur arabe, Musa ibn Nusaïr, avait même pris comme lieutenant un chef berbère du nom de Tarik ibn Ziyad. Ce dernier, dès 711, entreprit d'envahir, à la tête d'une armée de Berbères islamisés, le territoire ibérique où le régime wisigoth était chancelant et franchit le détroit qui devait porter son nom : Gibraltar (Djabal Tarik). Mais, comme nous le verrons, s'ils acceptent l'Islam ils n'en combattirent pas moins les conquérants arabes en épousant les schismes ou les idéologies issues de l'Islam, car, ils n'eurent pas d'autre arme contre l'Islam que l'Islam lui-même. Mais, ils combattirent, également, sous la bannière d'un Islam orthodoxe pur et dur sous les Almoravides et surtout sous les Almohades.

Dès la fin du VIIIe siècle, et à l'instar d'al-Andalus omeyyade, les liens directs avec l'autorité califienne abbasside vont se relâcher au Maghreb, sous l'effet des entreprises de rebelles réfugiés de l'Orient.

Ajouter un commentaire

Pseudo:
Commentaire:


Created by Anonymous on 

verifié vos source pour ce qui est de la mort de kossyla